1. août, 2015

Texte

J'ai sans doute dérapé. Mais, là où l'on (d)échoit, un éclat de vérité n'y est jamais absent. La France n'est pas si nulle que l'on veut bien le dire : il y a quand même... des "purs", ceux qui essaient de saisir le "drame", ailleurs que dans leurs entrailles : Philippe Faucon ("La Trahison", "La Désintégration"), natif d'Oujda (est-ce que cela explique tout ?) au Maroc, terre d'élection de l'EMG algérien, dont l'inclination maghrébine est une constante, j'aurais l'occasion de vous entretenir de sa "Fatima", présente à la "Quinzaine des Réalisateurs", tout comme l'exceptionnel "Les Mille et une nuits" du Portugais Miguel Gomes ("Ce cher mois d'Août", "Tabou") - une aventure portugaise contemporaine ("As Mil e Uma Noites"), le film insomniaque selon Antonio Preto ("Cahiers du cinéma" n° 711) - d'une durée de 6 h 20, divisée en trois sections, à l'image d'un cinéaste inclassable.

Mais, pour le cinéma asiatique - une cuvée exceptionnelle -, il faudra thésauriser entre : Hou Hsiao-hsien, le Taïwanais, et son "The Assassin", l'histoire d'une professionnelle de l'assassinat sur commande, missionnée pour abattre son amant. C'est la belle Shu Qi qui est mandatée pour exécuter le sinistre contrat ; le Chinois, Jia Zhang-ke et l'épopée romanesque "Mountains May Depart" et le Japonais intimiste Hirokazu Kore-eda, entre Ozu et Tchekhov, le shomin-geki d'aujourd'hui, "Notre petite soeur", adapté d'un manga célèbre. Invraisemblable, je l'ai déjà dit, Cemetery of Splendour du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul avec son immense miroir, l'actrice Jenjira Pongpas, émargent à "Un Certain Regard". Or, ce n'est pas un regard que l'on ne connaît pas. Fort heureusement dirions-nous : loin des familles d'Hirokazu, Apichatpong vacille entre réalité et fantastique. L'information ne se dérobe point, mais elle n'explique pourtant qu'un fragment de la vérité. Jenjira est le "portail que le cinéaste emprunte pour passer dans une autre vie et une autre dimension" (Kong Rithdee). Enfin, la Japonaise Naomi Kawase (AN) et son compatriote Kiyoshi Kurosawa (Kishibe no tabi/Vers l'autre rive), eux aussi, sont drôlement classés. A vrai dire, leurs réalisations n'amoindrissent guère leurs filmographies respectives. Entre montrer tout ce qui existe et le sélectionner au gré des convenances, n'y a-t-il pas mieux à faire ? Et, surtout, préserver l'esprit initial, la fonction originelle et originale des sections ?