Au cœur d'une institution : 12 ans dans l'esclavage, le récit de Solomon Northup


 "Nous tenons ces verités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes naissent égaux, que leur Créateur  les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur." (Déclaration d'Indépendance, 4 juillet 1776).

 

Littérature et cinéma américains nous proposent sporadiquement mais régulièrement le visage d'hommes ou de femmes désenchantés par l'existence. Parmi ces êtres accablés par la malédiction, l'Afro-américain Solomon Northup y occupe, incontestablement, une place remarquée. Son récit ne souffre, en outre, d'aucune contestation. Il s'impose comme un témoignage authentique d'une institution particulière et d'une législation invraisemblable, le Fugitive Slave Act, édicté pour la première fois en 1753. Or, c'est la promulgation d'une telle disposition qui explique le malheur de Solomon, né libre au début du XIXe siècle, fils d'esclave affranchi, père de famille comblé, agriculteur et charpentier de profession, violoniste à ses heures. Solomon débute son existence sous les meilleurs auspices jusqu'à ce jour fatidique - il a alors trente-trois ans - où il devient l'otage impuissant de slaves catchers impitoyables, chasseurs de primes d'une curieuse espèce. Nous sommes en 1841, au détour d'une artère de Saratoga Springs (État de New York). "Son enlèvement est l'histoire d'une identité qui se perd dans l'immensité d'un territoire hostile ; c'est aussi celle d'une nation balbutiante dont les divergences morales et juridiques incitent à la pire des contrebandes", souligne Anne Princen (in : Présentation au récit "12 ans dans l'esclavage", publié chez Flammarion). 

Solomon, relatant l'état d'esprit d'un de ses bourreaux, s'exprime ainsi : "Je pense qu'il comprenait, encore mieux que moi, le danger et la sanction liés à la vente d'un homme libre comme esclave. Il sentait la nécessité de me faire taire face à un crime qu'il commettait sciemment." Plus loin encore, il définit ce sinistre personnage comme un vil marchand d'esclaves : "Il achetait des hommes, des femmes et des enfants à bas prix et les revendait au prix fort. C'était un spéculateur de chair humaine, une besogne honteuse, et qui n'est guère mieux considérée dans le Sud" esclavagiste. Si le récit apparaît si fort et si poignant, c'est qu'en aucune circonstance le narrateur n'accompagne celui-ci de considérations éthiques voire politiques. Le réalisateur britannique Steve McQueen a, de son côté, parfaitement compris cet aspect : son adaptation, tout en déconstruisant intelligemment la linéarité de l'écrit (l'utilisation du procédé flash-forward : "Je ne suis pas un illustrateur mais un metteur en scène", déclare le réalisateur), opte clairement pour une fiction qui choisit d'être surtout la traduction multiforme d'un cauchemar vécu, de différentes manières, par les victimes de ces enlèvements. Pour autant, la description scrupuleuse de la condition d'esclave y est exceptionnellement rendue. Alain Masson, pour Positif, écrit d'emblée : "Représentation de la vie des esclaves au milieu du XIXe siècle, le film de Steve McQueen montre des choses qu'on n'avait guère vues à l'écran : la toilette des nègres nus dans la cour, la lecture biblique que leur fait leur maître, le groupe rangé pour écouter les ordres, les sarcasmes sur le rendement de chacun" (in : n°635, janvier 2014), sans omettre, bien entendu, les bastonnages, flagellations, humiliations, examens vexatoires sur la valeur physique des esclaves et marchandages spéculatifs autour de leur vente ou de leur échange. En ceci, le film comme l'ouvrage, ont aussi valeur documentaire. Mais ce qui en fait le prix, c'est précisément qu'il est aussi une sorte de Journal d'Anne Frank de l'esclavagisme aux États-Unis. Autre aspect, et non des moindres : ici, l'histoire observe un chemin inverse à celui d'une progression, y compris en matière de servitude. Il est donc normal que nous évoquions, à son sujet, le destin des Juifs d'Europe. "C'est ce qui me plaisait. Je voulais que les spectateurs s'identifient avec Solomon, qu'ils fassent avec lui ce voyage, que ce qu'il voit pour la première fois soit pour eux la même découverte", affirme Steve McQueen.  

La mise en scène du cinéaste projette autant la captivité que l'égarement. Il fallait aussi que le montage en restitue la tragique déchéance individuelle et la solitude absolue qui en découle. Exemple très fort : ce plan de sept minutes, dans lequel le héros, incarné par l'excellent Chiwetel Ejiofor (Dirty Pretty Things, Inside Man), pendu par le cou, est totalement ignoré par des esclaves appliqués, tels des somnambules, à remplir leurs charges. "Il était important parce qu'il montrait, outre le caractère physique de la torture, la dimension mentale et psychologique. Vous avez dans le même plan les gens qui vaquent à leurs occupations, qui vont de case en case, sans pouvoir aider quelqu'un qui est suspendu. Ces deux actions sont présentées dans le même cadre. [...] Il faisait partie des images que j'ai eues de suite à l'esprit lorsque j'ai lu le livre", indique le réalisateur. 

Le témoignage de Solomon Northup est, par ailleurs, révélateur : "Le seul moment de répit que l'on donne aux esclaves durant toute l'année ce sont, écrit-il, les fêtes de Noël, Epps (ndlr : le maître de Solomon, interprété par Michael Fassbender dans le film) leur accorde trois jours. Ailleurs, le narrateur commente : "Voilà la vie du Sud, telle qu'elle est (southern life as it is, allusion acide au roman de Mary Henderson Eastman, livre de propagande écrit en réaction à celui d'Harriet Beecher-Stowe, fort sage au demeurant, La Case de l'Oncle Tom)." "Trois jours par an, comme je l'ai constaté. Les 362 autres sont jours d'épuisement, de peur, de souffrance et de labeur incessant", poursuit-il. Dans les champs de coton ou de canne à sucre, non loin du bayou louisianais, Solomon a ployé l'échine "sans nulle récompense. Dix ans de travail continu qui ont contribué à l'enrichissement d'un féroce planteur. Dix ans où j'ai été forcé de m'adresser à lui, les yeux baissés et la tête découverte, avec l'attitude et le langage d'un esclave. Je ne lui dois rien, si ce n'est des insultes et des coups que je méritais pas", constate amèrement Solomon. "C'est, de toutes façons, une vérité absolue et non exagérée qu'à la plantation d'Epps, conclut notre héros, on entend le claquement du fouet et le hurlement des esclaves, du crépuscule jusqu'à l'heure du coucher, tous les jours, durant la saison des récoltes." Quant à Epps, que doit-on attendre de ce type d'homme ? "Seulement une énergie brutale et grossière, associée à un cerveau inculte et pingre. Il regarde l'homme de couleur comme son bétail personnel", dit Solomon. Peut-on avoir autant de haine à l'égard des bêtes ? Sans doute pas. L'humain n'est jamais conditionné pour être esclave. On ne peut donc haïr qu'à cause de cette situation. En ce sens, féroce ou bon, l'esclavagiste commet un crime inexpiable. Écumant de rage, à l'instant où preuve lui est fournie que Solomon est homme libre, époux et père tout à la fois, il hurle qu'il retrouvera et tuera l'homme qui a révélé son lieu de captivité. Sinistre dépendance du bourreau qui, à la place d'un cœur et d'une intelligence, y substitue son incoercible illusion de puissance. Là, gît essentiellement la faiblesse du maître. Il ne peut rien envisager sans servitude. En revanche, l'esclave a un monde à gagner : celui de son propre affranchissement et celui de l'humanité toute entière.

Que la musique et les chants y jouent leur rôle, quoi de plus humain ! La grâce et la beauté d'un violon ne sont pas dans l'objet mais dans l'âme : on peut le briser en morceaux, mais sa symbolique est indestructible. Solomon, par bonheur (autant que dans son malheur), violoniste, confie ceci : "Mon violon était mon compagnon ; l'ami de mon cœur, entonnant un puissant chant de triomphe lorsque j'étais joyeux, murmurant de douces et mélodieuses consolations quand j'étais triste." Pourtant, le chant de triomphe se tenait ailleurs : dans l'éternelle conscience que la servitude n'est pas dans l'ordre des choses et qu'aucun humain n'accepterait cela pour soi-même et pour les autres. Des hommes se sont levés, d'autres se lèveront encore pour raconter l'odyssée plaintive et pleine d'espoir du peuple afro-américain.

 

S.M.  

 

12 Years a Slave. États-Unis. 2013. 133 minutes. Réalisation : Steve McQueen. Scénario : John Ridley, d'après l'autobiographie de Solomon Northup et David Wilson. Directeur de la photographie : Sean Babbitt. Décors : Adam Stockhausen. Costumes : Patricia Norris. Montage : Joe Walker. Musique : Hans Zimmer. Cie de prod. : Plan B, River Road Entertainement. Interprétation : Chiwetel Ejiofor (Solomon), Michael Fassbender (Edwin Epps), Benedict Cumberbatch (Ford), Lupita Nyong'o (Patsey), Adepero Oduye (Eliza), Brad Pitt (Bass). Sortie en France : 22 janvier 2014.

  • Synopsis : 1841, État de New York. Solomon, artisan et violoniste afro-américain, vit, libre, avec sa femme et leurs enfants. À la suite d'une tournée musicale plutôt arrosée, il se réveille enchaîné. Expédié sur un bateau à La Nouvelle-Orléans, il est rebaptisé et vendu comme esclave...

 


 

 

Lupita Nyong'o

Affiche italienne

Histoire de l'esclavage et du combat pour l'égalité raciale aux États-Unis


  • 1776 : Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique.
  • 1777-1817 : Abolition progressive de l'esclavage dans les États du nord. 
  • 1787 : Proclamation de la Constitution américaine. L'égalité civique entre Noirs et Blancs n'est pas instituée, sous la pression des planteurs du Sud.
  • Naturalization Act : seuls les étrangers blancs peuvent être naturalisés américains (exclusion des Noirs). 
  • 1793 : 12 février, Fugitive Slave Act : un propriétaire d'esclaves a le droit de recouvrer un esclave évadé. Cette loi rend effective la Fugitive Slave Clause de la Constitution américaine (article 4).
  • 1817 : Abolition de l'esclavage dans la ville et l'État de New York.
  • 1820 : Missouri Compromise : reconnaissance de l'esclavage dans les États du sud alors qu'il est aboli dans les États du Nord.
  • 1822 : Le droit de vote dans l'État de New York est accordé aux hommes de couleur propriétaires, résidant depuis plus de trois ans dans l'État. 
  • 1830-1860 : Prolifération des slave narratives, récits nés de la collaboration entre des esclaves et des éditeurs.
  • 1850 : 18 septembre, second Fugitive Slave Act : tout esclave évadé doit être rendu à son maître, même s'il est retrouvé dans un État non esclavagiste. Les autorités et citoyens des États libres ont le devoir de coopérer. L'esclavage est maintenu à Washington, même si la vente d'êtres humains y est désormais interdite.
  • 1853 : Publication de l'ouvrage de Solomon Northup, 12 Years  a Slave.
  • 1857 : Dred Scott Decision : Jugement rendu par la Cour suprême, les Afro-américains, esclaves comme hommes libres, ne sont pas citoyens américains et ne peuvent donc pas témoigner dans un procès, même dans les États libres.
  • 1860 : Novembre : Abraham Lincoln, homme politique abolitionniste, est élu président des États-Unis.
  • 1861 : Suite à l'élection de Lincoln, sept États esclavagistes du Sud forment une union indépendante : les États confédérés. Ils sont rejoints par quatre autres États deux mois plus tard.
  • 1861-1865 : Guerre de Sécession.
  • 1863 : 1e janvier : Emancipation Proclamation, décret du président Lincoln. Fondé sur les pouvoirs exceptionnels du président en temps de guerre, ce décret confère le statut d'homme libre à tous les esclaves se trouvant dans les États en rébellion (entre trois et quatre millions de personnes). 
  • 1865 : 9 avril : reddition de l'armée confédérée et fin de la Guerre de Sécession.
  • 1865 : 14 avril : Lincoln assassiné.
  • 1865 : 18 décembre : XIIIe amendement : abolition de l'esclavage et de la servitude involontaire.
  • 1869 : 26 février : XVe amendement : le droit de vote ne peut être dénié à aucun citoyen pour des questions de race, de couleur ou de condition antérieure de servitude. 
  • 1876-1964 : Lois Jim Crow instituant dans les États du Sud des outils de ségrégation dans les services publics. 
  • 1954 : La ségrégation scolaire est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour suprême (arrêt Brown versus Board of Education of Topeka). Cette décision enclenche le mouvement des droits civiques.
  • 1963 : 28 août : Martin Luther King prononce le discours "I have a dream" devant le Lincoln Memorial de Washington. 
  • 1964 : 2 juillet : Civil Right Acts : la discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l'origine sociale est déclarée illégale.
  • 1965 : 6 août : Voting Rights Act : interdiction de toute pratique de discrimination électorale sur la base de la race.

Films sur l'esclavage


 

  • Amistad E.-U.  Steven Spielberg (1997). [notre photo ci-contre]
  • Beloved E.-U.  Jonathan Demme (1998) d'après le roman de T. Morrison.
  • Benito Cereno Brésil  Luc Moullet (1968).
  • Birth of a Nation (The) E.-U.  Nate Parker (2016).
  • Case de l'Oncle Tom (La) co-production européenne de G. von Radvanyi (1965).
  • Dernière Cène (La) Cuba  T. Gutiérez Alea (1976).
  • Django Unchained E.-U.  Quentin Tarantino (2012).
  • El otro Francisco Cuba  Sergio Giral (1975).
  • Slavery by Another Name E.-U; doc.  Sam Pollard (2012).
  • Slaves E.-U.  Herbert J. Biberman (1969).
  • Twelve Years a Slave E.-U.  S. McQueen (2013). 

Noirs et blancs : Les films sur l'esclavage aux État-Unis, l'exemple de "The Birth of a Nation"


Les années 2010 auront relancé, à l'écran, le thème douloureux de l'esclavagisme nord-américain. Ainsi, quelques mois, auparavant, nous regrettions que The Free State Jones (2015) de Gary Ross manquât nettement d'imagination et d'audace pour conter le récit authentique de Newton Knight, ce fermier sudiste, déserteur de la Guerre de Sécession, qui tenta une expérience de communauté non-esclavagiste en territoire circonscrit. Par la même occasion, j'annonçais le film qui sort aujourd'hui dans nos salles, The Birth of a Nation, de Nate Parker, et qui relate la célèbre révolte d'esclaves menée par Nat Turner en 1831. Le titre est prometteur, puisqu'il apparaît être comme une forme de réponse cinglante au film homonyme du grand David Wark Griffith, daté de 1915, dont le discours était, dans le contexte de l'époque, naturellement pro-ségrégationniste. Or, la critique française semble - à la quasi unanimité - plutôt déçue. Nicholas Elliott (Cahiers du cinéma, janvier 2017) écrit, par exemple, ceci : "L'illuminé Nat Turner ayant servi de prêcheur au service de ses maîtres, subjuguant les esclaves par la religion, n'aurait-il pas été intéressant de se demander comment ceux-ci concevaient la souffrance à laquelle les vouait le Seigneur ? On ne voit rien de tout cela, mais les habituels viols et représailles, pour un film qui n'aura servi qu'à récolter quelques applaudissements revanchards."

Il nous faudra, a priori, nous contenter encore du majestueux Beloved de Toni Morrison voire du témoignage irremplaçable de Solomon Northup, 12 Years a Slave, sorte de Journal d'Anne Frank de la traite négrière aux États-Unis, intelligemmment adapté au cinéma par Steve McQueen. Bien entendu, nous ne voulons pas omettre le perturbant Django Unchained de Quentin Tarantino qui, pour parodique qu'il puisse être, avait au moins le mérite de questionner justement. 

Au-delà, la question noire aux U.S.A. relève-t-elle, à présent, de la pure histoire, Président noir ou pas ? Le documentaire de Sam Pollard, Slavery by Another Name (2012), montrait que des survivances de ce fléau n'avait nullement diparu, et que Constitution et législations ne suffisaient pas, à elles seules, à en effacer les éventuels miasmes. Plus fondamentalement, Claude Fohlen, professeur émérite à la Sorbonne et spécialiste des États-Unis, n'écrivait-il pas, à juste raison, que "pour comprendre l'histoire de l'esclavage, il ne faut jamais cesser d'avoir présente à l'esprit la condition actuelle de la minorité afro-américaine, reflet des traumatismes qui l'ont amenée de la condition servile à un état de liberté et d'égalité, encore contesté près d'un siècle et demi après les trois amendements qui étaient censés en faire des citoyens américains" ? (C. Fohlen in : Histoire de l'esclavage aux États-Unis, Éditions Perrin, 1998). Plus récemment, Nicholas Elliott, toujours lui, rappelait avec une cruelle pertinence, dans son article "Noir et blanc" (Cahiers du cinéma, décembre 2016), l'accroissement significatif de la violence à l'endroit des populations afro-américaines dont le caractère raciste, pour avéré qu'il soit, reflète, tout autant, un aspect très remarqué des antagonismes de classe. Il soulignait, en ce qui le concerne, la multiplication des vidéos décrivant cette violence et reprise de façon extraordinaire par les réseaux sociaux. Ceux-ci contribuant, à leur tour, à l'éclosion du mouvement Black Lives Matter ("Les vies noires comptent") et, de fait, à notre prise de conscience horrifiée d'une situation de racisme endémique outre-Atlantique. Donald Trump au pouvoir, s'agit-il simplement d'un accident voire d'un trucage électoral ? S'il est, par conséquent, justifié d'émettre quelque récrimination au sujet de l'état de nos banlieues françaises, comparons-le cependant à celui qui prévaut aux États-Unis. Ceci, afin de jauger l'avantage qu'il y aurait, chez nous, à préserver, par la vigilance et le combat incessant, un État républicain, laïc et démocratique, dont la devise continuerait d'être celle de la liberté, de l'égalité et de de la fraternité. Toutefois, répétons-le, cet État ne va pas de soi : il nécessite d'être défendu en permanence. Il serait injuste, par là-même, de conclure que les États-Unis seraient fatalement plus exposés : ne furent-ils pas le premier ensemble au monde à s'être doté d'une Constitution, à avoir garanti la liberté et l'égalité, à avoir énoncé la séparation des pouvoirs ? Là-bas comme ici, de bonnes graines ont germé, le temps des fleurs devrait advenir.

Le 11 janvier 2017.  

S.M.