El Clan (2015, Pablo Trapero) : l'horreur d'un fils

Incriminant le comportement des hommes à l'égard des bêtes, le sage Pythagore affirmait : "celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut en effet récolter la joie et l'amour." Comment saisir autrement les actes d'un fils, Alejandro, à l'égard d'un père, Arquimedes Puccio, coupable d'avoir commis des actes crapuleux qui ont défrayé la chronique judiciaire argentine ? Tyrannisé par un patriarche machiavélique et inquisiteur, le fils, après l'avoir rageusement tabassé dans sa geôle, se jette dans la cour et manque sa première tentative de suicide. Ainsi, se conclut El Clan de Pablo Trapero, le plus prisé des cinéastes argentins d'aujourd'hui. C'est aussi l'épilogue d'un drame, en forme de thriller, qui propose un double niveau de lecture : la relation, souhaitée rigoureuse, d'une affaire criminelle hors-norme et celle, concomitante, d'une effrayante complicité familiale sur laquelle un père, citoyen pourtant apparemment rangé, exerce une vigilance implacable.