Elio à Giuseppe : lettres en souffrance

Elio Petri


Elio Petri (1929-1982) et Giuseppe De Santis (1917-1997), deux grandes personnalités du cinéma italien, un temps unis dans leur vocation et dans leurs convictions politiques. Mais, surtout une amitié réciproque et, néanmoins, indéchiffrable. Aux trois lettres en souffrance d'Elio, Giuseppe n'offrira nulle réponse. Elio avait été communiste. À l'automne 1956, lorsque les chars soviétiques répriment l'insurrection de Budapest, il ne l'est plus. ¹ Giuseppe l'a été sa vie durant, selon une foi inébranlable et des idées qui lui vaudront une squalifica professionale de plus de trente années. Pourtant, d'autres cinéastes communistes purent encore tourner. Il faudrait, par conséquent, chercher de plus profondes raisons à cette sanction. Qu'est-ce qui dérangeait tant chez Giuseppe ? Ce qui gênait tant chez De Santis, n'était-ce pas ce qui suscitait, en revanche, respect, admiration, reconnaissance, fidélité et amour de la part d'Elio ? Très souvent, au détour de ces trois missives parlées et restées sans écho, j'ai ressenti la détresse d'Elio : qu'est-ce qui ne fonctionnait plus entre Elio et Giuseppe ? Elio a un immense besoin de Giuseppe (il l'appelle Peppe). Lui, seul pourrait alléger son désespoir. Parce qu'Elio aime Giuseppe au-dessus de tous.  

C'est donc avec émotion que je relis, encore et toujours, ces correspondances enregistrées par le réalisateur d'Enquête sur un citoyen... (1970) et de La Classe ouvrière va au paradis (1971), à l'intention de son aîné, reconnu comme l'un des initiateurs du néo-réalisme avec des œuvres comme Caccia tragica (1947), Riso amaro (1948) ou Roma ore 11 (1952).  Plus en prise avec l'évolution de la société italienne, celle du boom économique - ce faux-miracle à vrai dire -, le cinéma d'Elio ne trahissait pourtant pas celui de son mentor pour lequel il fut six fois scénariste, entre 1952 et 1960. Tous deux furent mal aimés des instances officielles voire du public. Petri réussit quand même à tourner malgré les écueils et les entraves. A contrario, De Santis, on l'a dit, traversa le désert, à une oasis près, Un apprezzato professionista di sicuro avvenire, à l'intitulé aussi symbolique que vite censuré ² ! Ainsi, en sera-t-il jusqu'à son dernier soupir. L'idéal qu'il nourrissait ne fut pas du goût de ceux qui dirigèrent l'Italie vers la soif d'enrichissement personnel et dans les méandres de la compromission. Vices qu'Elio, son cadet, ne se fit pas faute d'éclairer et dénoncer, soit à travers l'aliénation particulière de l'individu concret - I giorni contati, dès 1962 ; La classe operaia... et La proprietà non è più un furto, dix ans plus tard -, soit au travers d'intrigues et de thrillers embrouillés, spectres instruits sur l'exercice du ou des pouvoir(s) - A casciuno il suo et Todo modo d'après Leonardo Sciascia ou Indagine su un cittadino... déjà cité.

L'objet de mon propre billet : d'abord, la première lettre d'Elio à Beppe. Celle datée du 2/3 octobre 1982. Elle est écrite de Rome. C'est - faut-il le rappeler ? - une lettre parlée, enregistrée sur magnétophone. Voici un extrait fort captivant : 

"[...] il reste à éclaircir la raison de cette espérance que je vois en toi chaque fois que je parle avec toi, chaque fois que je t'entends exposer les problèmes de ta vie, chaque fois que je te regarde dans les yeux, si l'on peut dire ; et, au contraire, la raison de mon désespoir. Il me semble que ceci est un thème central qui peut intéresser d'autres personnes que nous deux : parce que, selon moi, il existe encore des hommes comme toi, rares - parce que tu es une rareté. Probablement, ces hommes existent, peut-être à l'intérieur du Parti communiste, peut-être des hommes d'église, maintenant je ne peux pas te le dire ; et ne me prends pas au mot parce que je considère que tu es vraiment unique, et ces hommes vivent illuminés par une espérance. Au contraire, les hommes comme moi, qui sont sûrement très nombreux, vivent dans le désespoir. Pourtant, au fond, nous ne sommes séparés que par douze années. [...] Ce qui est étrange c'est que nos dates de naissance - je parle de l'année de naissance - sont deux dates de crise : tu es né en 1917, l'année de Caporetto³, et moi en 1929, l'année de la grande crise économique. Toi, quand a eu lieu la marcia su Roma, tu avais cinq ans ; au moment des lois spéciales de 1923*, tu avais six ans, moi je n'étais pas encore né. Moi, je suis né en plein fascisme. Ceci est certainement une chose importante à éclaircir : si tu as été fasciste comme tu l'as été, en quel sens ne l'étais-tu pas ? Pourquoi si tu l'étais, ne l'étais-tu pas complètement ? Quel a été ton rapport avec le fascisme, avec l'Italie ? Fasciste, non seulement avec le fascisme en tant que parti, en tant que structure universitaire, en tant que château, en tant que palais comme on dit maintenant, en somme en tant qu'idée de pouvoir, qu'idée de classe, qu'idéologie et que culture. Et de quelle façon moi, dans mes jeunes années, dans mon enfance, je reçus le fascisme, ce que fut pour moi le fascisme ? Ceci est certainement un thème qui peut nous intéresser, qui doit être étudié à fond. Finalement, je dois reconnaître que personne, à part peut-être Ruggero Zangrandi**, n'a jamais décrit, rappelé son mode de vie. Je parle des personnes qui appartiennent à ta génération, c'est-à-dire celle de la classe d'âge des personnes qui sont nées entre, disons, l'année 1911 et l'année 1920 ; quel fut son rapport réel avec le fascisme et de quelle façon, par exemple, est-elle passée du fascisme au communisme ? Le même problème se pose pour les jeunes, disons comme ça, des générations suivantes, c'est-à-dire ceux qui sont nés entre 1925 et 1930, ceux qui, au moment de la guerre, avaient à peu près onze-douze ans ou quatorze-quinze ans et qui donc, d'une manière ou d'une autre, ont été fascistes ou, quoi qu'il en soit, en ont été contaminés. Selon moi, c'est quelque chose qui doit être fait. Personne ne l'a fait, ni vous, ni nous. Il n'y a pas d'analyses de nature autobiographique. Je dis autobiographique au sens large, c'est-à-dire dans le sens de cette autobiographie qui peut être utile à tous, qui fait l'histoire en somme."

À cet endroit de la lettre, je pense utile d'abréger et de reprendre la parole. Je crois nécessaire d'établir des rapports concordants avec ma propre expérience. Primo, ce que dit Elio de Beppe correspond exactement au portrait que beaucoup m'en donnait de lui, au point de vue humain j'entends. Secundo, les relations d'Elio à l'égard de celui qu'il appelle Peppe sont parfois, toute proportion gardée, de la même nature que celle qu'il m'arrive d'entretenir avec mon père. Toutefois, si j'aime encore mon père c'est parce qu'il est communiste à sa manière. Et, cette manière me laisse autant perplexe qu'obligé. Des hommes, comme Beppe ou comme mon père, vous font encore espérer en l'humanité. Droiture, franchise, simplicité et fidélité à un idéal, voilà des notions qui ont un sens profond chez de tels hommes. Et qui vous rassure tout simplement. Elio Petri a néanmoins raison : "Un parti tel que le Parti communiste, malgré toutes les nécessités en effet contingentes et la prétention totalisante de cette idéologie, est en quelque sorte fractionné en de nombreux partis [...]", ajoutant plus loin ceci, à l'endroit de Beppe : "À quel parti adressais-tu ton espérance et à quel parti adressais-je mon désespoir ?" 

J'ai émis plus haut une nuance : toute proportion gardée, ai-je écrit. Il y a, en effet, entre mon père et moi, trente ans d'écart. L'amour d'Elio pour Peppe ne peut donc avoir nul caractère filial. Plutôt celui d'un frère cadet pour son devancier. Toutefois, en maints endroits, les lettres dénotent une affinité nettement plus profonde. La tonalité des courriers vocaux trahit, dans une qualité littéraire plus secondaire, l'insondable souffrance des missives que le poète Giacomo Leopardi envoyait à Pietro Giordani, entre 1817 et 1832.*** Un autre aspect de la première lettre ne doit pas être négligé. Elio Petri s'interroge : "[...] il me semble qu'à ce propos il faille distinguer ce que représente naître à Fondi - la commune de Giuseppe De Santis - en 1917 et naître à Rome en 1929." Le réalisateur d'I giorni contati explique la différence qui peut s'établir entre le contexte d'une ville provinciale assez énigmatique, "protégée des infiltrations extérieures, étrangères", dans laquelle subsistent harmonieusement solidarité, charité et autonomie. Des valeurs qui sont celles d'un monde paysan et patriarcal immuable qui paraît, à tort ou à raison, peu secoué par les altérations politiques de la Cité. Le cinéma transalpin s'en est parfois fait le témoin. Au fond, celui qui, au sein même du néoréalisme, a incarné la voix des campagnes - Non c'è pace tra gli ulivi/Pâques sanglantes (1950), tourné à Fondi, en est le modèle probant -, c'est-à-dire Giuseppe De Santis, comment a-t-il vécu le fascisme dans ces contrées-là ? Tandis qu'Elio Petri, coincé via Giubbonari, une rue surpeuplée dans la Rome populaire et encadrée par les masses et les groupes fascistes  - on verra, avec profit, la Florence de la via del Corno de Cronache di poveri amanti, réalisé par Lizzani, en 1954 -, ne perçoit "la lumière, dans le meilleur des cas, qu'au coucher du soleil ; le reste de la journée, c'est l'ombre." L'ombre dans une capitale où "la différence de classes prend au contraire racine très profondément, jusqu'au centre de la terre." "Tu as vécu dans un univers ensoleillé avec la liberté comme promesse", semble dire Elio à Giuseppe. Ainsi tente-t-il d'expliquer Giuseppe. "Le mythe du blé qui doit poindre et s'épanouir, qui doit être récolté ; c'est un mythe tolstoïen en somme", lâche encore Elio. Puis, il ajoute : "Tu connais mes origines" - en bref, ma famille a tout perdu - nous sommes des exilés nationaux ("les migrations intérieures traditionnelles vers l'État pontifical"). "J'ai habité dans un sous-sol, justement entre 1940 et 1942", rappelle Elio Petri. Il a alors cette belle formule : "Il y a l'espoir de Tolstoï du blé et du grand chêne et, au contraire, le désespoir de Dostoïevski de l'existence dans le sous-sol."

Elio creusait un sillon viscéralement existentiel. Du coup, son œuvre éclaire et dérange encore. Il ne pensait plus que l'avènement d'un contre-modèle économique au libéralisme suffirait à régler la question de l'aliénation de l'homme salarié, que ce soit dans son travail, son mode de consommation ou dans l'expression de ses capacités créatrices. L'expressionnisme de Petri rendait à un point extrême le déséquilibre tragique entre l'individu concret, potentiellement libre et indépendant, et la réalité à laquelle celui-ci était confronté : celle d'une manipulation et d'une fabrication totalitaire de l'information, de l'opinion et des besoins universels. Face à un pouvoir tentaculaire, armé d'une force multidimensionnelle, le processus d'aliénation vous suivait désormais jusque dans votre lit et dans vos rêves. "Les gens sont habitués à regarder sans voir les faits de la vie quotidienne et particulièrement ceux de la politique. Ces derniers font partie d'une routine gérée par une élite qui a son code incompréhensible, sa façon d'envisager les problèmes absolument détachés de la vie de tous. Les gens ont les yeux fatigués de ceux qui en ont vu de toutes les couleurs", déclarait-il.**** L'exposé pouvait s'appliquer, à l'époque, autant à l'Ouest qu'à l'Est du monde. Le cinéaste disséquait une réalité plus complexe et plus déroutante et, de fait, il paraissait foncièrement pessimiste. Peut-être, voire sûrement, faut-il entrevoir dans ces lettres une sorte de bouteille à la mer. Elio se sait condamné - il a un cancer - et n'a plus que quelques semaines à vivre. Cependant, il se pose, à ce moment-là, la bonne question : quelles ont été les relations que certaines générations ont entretenu avec le fascisme ? Et comment, désillusionnées, ont-elles contradictoirement abouti au communisme ? J'ignore, à mon tour, n'étant pas Italien, si un travail mémoriel analytique a été réellement entrepris dans la péninsule.

Quoi qu'il en soit, il est presque certain que des générations ne viennent pas au communisme ou vers une autre école de pensée politique selon les mêmes modalités et suivant les mêmes thèmes de lutte. L'idéal demeure identique mais la manière de le concevoir complètement transformé. C'est pourquoi, il est primordial, et, sans nier les leçons que l'Histoire enseigne, de comprendre le présent pour faire surgir les nécessités du futur. À la conclusion de Mia madre (2015) de Nanni Moretti, la fille (Margherita Buy) demande à sa mère (Giulia Lazzarini), professeur de latin vouée à une fin prochaine : "À quoi penses-tu maman ?" De son lit, le regard apaisé, celle-ci répond : "À demain." Auparavant, un de ses élèves, dans une séquence qui ramène au présent, confie, ému : "Elle a toujours été mon modèle." Les hommes et les femmes, comme Beppe ou comme Elio ou comme mon père, ont, bien entendu, valeur d'exemples. Cependant, nous ne pouvons plus regarder uniquement vers cet autrefois : la meilleure façon de les aimer, c'est de penser à demain. 

Revu à Lyon, le 13 février 2018. 

SPORTISSE Michel.

 

* Elio PETRI : Lettres parlées à Giuseppe De Santis, Plein Chant, 1997 (extraites de l'ouvrage de Jean A. Gili consacré à Elio Petri).

   

 

 



 

1. D'un père ouvrier chaudronnier, Elio Petri fut sans doute profondément ébranlé par ce fait : le caractère authentiquement populaire de l'insurrection hongroise. Les communistes magyars agissaient à l'encontre des aspirations de leur propre peuple. François Fejtö note, pour sa part, la place croissante qu'occupe l'Union des écrivains hongrois depuis les débuts de la déstalinisation ("Un État dans l'État"). "C'est que l'écroulement du stalinisme, écrit-il, a produit un vide politique en Hongrie. Les cadres communistes n'ont point réussi à rétablir le contact avec la population qui les ignore, et, d'autre part, cette population ne possède pas d'autre moyen d'exprimer ses aspirations que ceux du Parti. Les écrivains se sont donc improvisés porte-parole du peuple (ndlr : c'est aussi une tradition historique !), en profitant de la liberté de critique qui leur avait été octroyée au nom de la doctrine du XXe Congrès du PCUS. On dirait que ce n'est pas eux qui ont cherché à jouer ce rôle qui, né des circonstances, les a choisis. [...] L'organe du Comité central du Parti des travailleurs hongrois (MDP), le Szabad Nép, leur fait-il des reproches ? Ils les repoussent avec un dédain fondé sur une certitude : le peuple est avec nous. Et la direction du Parti est comme hypnotisée par cette opposition inattendue." (F. Fejtö : La tragédie hongroise 1956, Pierre Horay Éditeur, 1956, 1996.) Bien évidemment, Petri ne fut pas seul. Parmi d'autres exemples, un film réalisé par Florestano Vancini, Le stagioni del nostro amore (1966), évoque la figure d'un intellectuel communiste italien quittant son Parti à la suite des événements hongrois.

2. Titre que l'on pourrait traduire ainsi : Un professionnel jugé comme ayant un avenir assuré. Le film fut initialement interdit pour "offense aux bonnes mœurs", avant de l'être uniquement aux moins de 18 ans. 

3. La bataille de Caporetto, située alors en Italie, se tint au cours du premier conflit mondial (24/10 au 9/11/1917). Elle s'acheva sur une lourde défaite des détachements militaires italiens face à ceux des adversaires austro-allemands. Les Italiens parviendront ensuite à limiter les dégâts sur le front de la ligne du Piave. Le cinéaste Mario Camerini, qui fut officier dans les bersaglieri, déclara ceci : "La guerre était déjà imminente, elle fut déclarée en 1915. Beaucoup de jeunes, y compris moi-même, étions socialistes, et voulions que cette guerre soit la dernière. Nous ne pensions pas à la question nationaliste de Trento et de Trieste. Plus de la moitié de ces jeunes moururent, à cause (d'après moi) de l'erreur commise par le général Luigi Cadorna (1850-1928), alors chef-d'état major des forces italiennes, qui prônait l'assaut frontal, c'est-à-dire qu'on occupe un segment de ligne en attendant que les autres le prolongent. [...] Je considère que Cadorna est responsable de la mort de milliers de personnes [...]" (in : A. Farassino, Mario Camerini, Éditions Yellow Now, 1992.) J'ajouterais, de mon côté, que 1917 fut également l'année de la Révolution bolchévique du 25 octobre. 

* E. Petri évoque la loi électorale due à Giacomo Acerbo (4/06/1923). Le Grand Conseil du fascisme emploiera l'expression d'inéluctable nécessité (sic). En réalité, en instaurant un système majoritaire à l'intérieur d'un seul collège, cette loi permettait, en toute légalité, d'obtenir une majorité fiable. Filippo Turati, socialiste réformiste, dira, à juste raison : "Nous avons donné la victoire au fascisme." (Lire à ce sujet : Philippe Foro, Dictionnaire de l'Italie fasciste, Éditions Vendémiaire, Paris, 2014.)

** Ruggero Zangrandi (1915-1970), journaliste, écrivain et historien italien. Élève au prestigieux lycée Torquato Tasso de Rome, il devint, aux côtés du deuxième fils du Duce, rédacteur d'une revue scolaire au contenu idéologique expressément fasciste. Après avoir adhéré au Comitati d'azione per l'università di Roma qui s'efforçait de construire une Internationale fasciste, il s'éloigna progressivement, au milieu des années 30, de cette mouvance et se rapprocha d'un antifascisme militant. En 1939, il fonda même un Parti socialiste révolutionnaire qui fusionnera, après guerre, avec le PCI. Elio Petri fait référence à son ouvrage fondamental, Il lungo viaggio attraverso il fascismo. Contributo alla storia di una generazione. Feltrinelli Editore, Milan, 1962, traduit, plus tard, chez Robert Laffont. Zangrandi s'est suicidé en 1970.

*** Lire Lettere de Giacomo Leopardi, Rolando Damiano Editore, Milan, Mondadori, 2006. Pietro Giordani, moine émancipé, critique littéraire, écrivain libéral, n'a pas comblé les espoirs d'amitié du poète de Recanati. Leur correspondance demeure cependant l'une des plus belles de la littérature moderne. 

**** Entretien avec Jean-A. Gili, Août 1976. 

 

 

Giuseppe De Santis