C'est l'amour !

Entre la France et l'Italie, j'ai toujours cru... En fait, depuis de nombreux mois, la rancœur s'est installée : les Italiens paient les pots cassés de la politique française en Afrique. Non contente de traiter l'Afrique comme son arrière-cour - le fait n'a rien de nouveau, vous le savez comme moi -, voici que la France laisse mourir ou échoir ses victimes vers les côtes italiennes. La France est de tous les mauvais coups : le mauvais élève dans un concours sur les droits de la personne humaine. Il suffit de lorgner du côté de Calais. En réalité, la perpétuation de mauvaises pratiques... datant de plus de deux siècles ! Celle d'une France esclavagiste, colonialiste et fièrement mensongère. Parce qu'elle propage au monde l'image usurpée de pays des droits de l'homme ! On distribue d'ailleurs et, à satiété, des leçons aux autres : aux Russes, aux Chinois, à Trump etc. 

Il est vrai que ceux que l'on ne respecte pas ne sont pas Français. Du moins, le deviendront-ils lorsque cela nous arrangera ! Qu'importe puisque ce sont des bicots, des nègres ou autre chose ! On en reste à la vieille politique du Blanc stupide plus intelligent que le plus intelligent des Africains. On en reste à la vieille politique du président "démocrate" parce qu'il est agenouillé devant le Français ! En Afrique, les peuples l'on très bien compris : ici "démocrate" se traduit par "bwana" ! Donc le démocrate africain c'est le lèche-botte du "bwana" !  

Les Italiens, à un degré sensiblement inférieur, en savent, eux aussi, quelque chose. Ainsi, furent-ils, longtemps durant, notre main-d'œuvre taillable et corvéable. Les macaroni n'ont pas oublié. Les aurait-on remerciés convenablement ? Non, puisqu'ils sont maintenant Français. Et qu'ils ne ramènent pas leurs figues en disant : on était des Italiens ! Surtout s'ils ont construit nos routes, nos immeubles et participé au développement industriel et à la beauté de notre cher pays. Les Maghrébins revécurent les mêmes choses à la suite. Quant au Français, il estime de son droit de poser ses augustes fesses en Italie, "le plus beau pays du monde", tout en continuant à éructer son italien impossible ! Car, les Français n'assimilent pas. Leur supériorité, ou leur infériorité, tient au fait qu'il faut, par désespoir, s'assimiler à eux !  Au Maghreb, il y étaient demeurés plus d'un siècle sans comprendre l'Islam et sans apprendre l'arabe ! Une sacrée performance... Et cela continue : actuellement, en Tunisie ou au Maroc. Tunisiens et Marocains sont toujours invités aux courbettes d'usage. Comme les serfs avec les seigneurs :  sans espoir de reconnaissance. Quant aux Algériens, mieux vaut ne pas fâcher le Français ! "Je ne suis pas raciste, me dit une fois un collègue français, depuis lors rangé dans ma poubelle historique, mais les Algériens... évitez de m'en parler !!!! Ces gens-là n'ont aucune éducation !" 

Alors, le couac diplomatique entre Paris et Rome ("Le Monde" du 4 avril) ne surprendra pas. Les Français sont durs de la feuille : Bardonecchia c'est déjà l'Italie ! Sûr que, selon eux, c'est Bardonnèche... et qu'un Nigérian en France ou en Italie, c'est toujours un négro qui n'a rien à faire ici, étant donné qu'ici ou ailleurs c'est toujours la France ! L'agacement italien est fort compréhensible... il date de très longtemps. Mais, l'Histoire l'avait mis en sommeil. Que cette colère se traduise comme les Français démocrates ne le souhaitent pas, soit ! Mais que les Français démocrates ne s'érigent point en censeurs. Avec la politique de M. Macron et ses amis, il n'est pas dit que le Rassemblement national ne fasse pas, un jour, un "carton" ici ! On aura, peut-être, plus le temps de se rassembler au-dehors pour dire : "Non au rassemblement !"

Aussi, à présent, un roman me vient à l'esprit : l'excellent Canal Mussolini d'Antonio Pennacchi. Les Italiens changent, et, pour cette raison-là, nous ne devons ni feindre la surprise, ni se décourager non plus ! Dans ce livre, l'auteur écrit aussi : "Cinquante ans plus tôt, nous étions encore divisés (ndlr : nous sommes en septembre 1911, et, l'Italie a déclaré la guerre à la Turquie afin de s'octroyer la Lybie) - en cent minuscules États dont on ne pouvait franchir les frontières que munis d'un passeport -, et tous les étrangers qui venaient chez nous agissaient en maîtres. Le souffre-douleur de l'Europe, voilà ce que nous étions."

Mme Merkel et M. Macron, les Italiens se souviennent. Ne leur en voulez pas ! Même si, en l'occurrence, l'affaire de Bardonecchia n'est, comme l'énonce Marie Dorléans, présidente de l'association Tous Migrants, qu'une mauvaise affaire. "Mais elle aura eu le mérite de mettre en lumière des agissements intolérables. Ces dernières semaines, quand la police française reconduisait par - 15°C des migrants affamés vers l'Italie", conclut-elle.

S.M.