Paulette Goddard (1910-1990)

 

  Née Marion Levy à New York. Son père dirigeait une chaîne de salles de cinéma des frères Warner. Elle débute à l’âge de 13 ans comme Ziegfield girl chez Florenz Ziegfeld, célèbre impresario de Broadway. Elle choisit d’adopter le prénom de Paulette et de l’accoler au nom de sa mère, Goddard. À partir de 1929, elle s’oriente vers Hollywood. Charlie Chaplin la propulse au rang de star. Elle devient la gamine des « Temps modernes » (1936). Pour ce film, Chaplin la fait durement travailler : cours de danse, de chant et répétitions inlassables des scènes. Le film n’obtient pas le succès escompté, plus encore la réputation du réalisateur n’est plus au beau fixe. Épuisés par le tournage, le couple Chaplin-Goddard embarque pour une croisière en Extrême-Orient au cours de laquelle les amants se marient secrètement. Elle divorce six ans plus tard. Elle se remarie en 1958 avec le romancier Erich Maria Remarque (« À l’Ouest, rien de nouveau »), déchu de sa nationalité allemande par le régime nazi en juillet 1938. Deux ans plus tard, Remarque s’installe définitivement aux États-Unis et c’est parce qu’il travaille comme scénariste pour Hollywood qu’il rencontre Paulette Goddard.

 

Voici ce qu’écrivait Jacques Zimmer, à la suite de son décès intervenu le 23 avril de l’année 1990.

« Il suffit d’avoir vu récemment les essais inédits d’  « Autant en emporte le vent » pour deviner quelle merveilleuse Scarlett aurait été Paulette Goddard. À celle qui n’avait pas froid aux yeux, Selznick préféra Vivien Leigh qui avait le regard candide. Mais la première avait de la ressource, une énergie considérable et surtout savait tout faire. N’insistons pas sur la coïncidence, mais à l’heure même où l’on célèbre l’iceberg suédois (ndlr : Greta Garbo venait de s’éteindre huit jours auparavant), revoir Paulette en orpheline rageuse dans « Les Temps modernes », puis en séductrice sophistiquée dans « Femmes » de Cukor (1939), remet quelques pendules à l’heure. Lancée par Chaplin dont elle partagera la vie quelques années, elle prouva par la suite que sa rayonnante beauté se doublait d’un sacré tempérament et sa présence immédiate d’un joli savoir-faire. En témoigne son exceptionnelle interprétation de « Journal d’une femme de chambre » de Renoir en 1946. Elle continuera ensuite de dispenser sa générosité sensuelle, ses révoltes, son agressivité tempérée d’un rire éclatant aux côtés de John Wayne ou Gary Cooper dans ces merveilleux films d’aventure des années quarante. Puis elle disparut peu à peu pour se retirer en Suisse sans tapage excessif. Ce fut une star, une grande. Une vraie. »

J. Zimmer (« La Revue du cinéma »)


 

Images :

  1. « Modern Times » (1936, Charles Chaplin)
  2. « The Women » (1939, George Cukor), avec N. Shearer, J. Fontaine, R. Russell et M. Boland
  3. “North West Mounted Police” (“Les Tuniques écarlates” - 1940, Cecil Blount De Mille)
  4. “Hold Back the Down” (“Par la porte d’or – 1941, Mitchell Leisen), avec Ch. Boyer, O. De Havilland
  5. “ Kitty “(1945, M. Leisen)
  6. “ Le Journal d’une femme de chambre » (E.-U. 1946, Jean Renoir)
  7. « Unconquered » (1947, C. B. De Mille), avec G. Cooper
  8. « Gli indifferenti » (“Les Deux rivales “ - 1964, F. Maselli), avec R. Steiger, S. Winters
  9. Avec son époux Erich Maria Remarque