Constantine, l’insoumise (I)

 


 « Mais l'on croit au bonheur

Maintenant que la Saône

Épouse du Rhumel 

Chantonne pour Lucien... »

(Malek Haddad, Libération, 1950)

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Constantine, insolite, saisissante et insaisissable, m’a toujours fasciné. Ma famille paternelle en était issue et s'y était profondément enracinée. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’y ai trop peu vécu. Je n’y suis même pas né. À l’Indépendance, je l’ai ralliée… et, pour peu de temps hélas. Mon père était appelé à Alger pour participer à la rédaction du quotidien « Alger Républicain ».

 Constantine m’effrayait : son Rocher, ses anfractuosités vertigineuses, cette passerelle de l’Ascenseur, verticalement brimbalante aux heures d’affluence et continûment résistante néanmoins : elle reliait le centre-ville à la gare ferroviaire. Quant aux autres ponts, ils n’étaient guère moins impressionnants : je n’ose vous parler de celui qu’on nommait « pont du Diable », situé non loin du chemin des Touristes, à l’écart de la ville proprement dite et inoubliable parce qu’on y entendait le bruit assourdissant des eaux tumultueuses du Rummel. Ces deux ponts, réservés aux piétons, m’ont évidemment beaucoup marqué. Et, néanmoins, Constantine me retenait comme le vide attire. J’ai interrogé mon père : « Qu’allions-nous faire à Alger ? » J’eus une explication. Elle ne me soulagea qu’à grand-peine. Hier comme ensuite, Constantine émergea obstinément. L’odeur de ses souks et de zuyūtu alzzaytūna, l’entêtant commerce de ses artisans, la nouba arabo-andalouse, l’appel au point du jour du mu’addin… Avec Constantine, je faisais mes débuts dans l’Algérie algérienne. Un réveil brutal mais salutaire.   

 Des années plus tard, Lyon me produisit semblable impression topographique. J’y ai débarqué nuitamment et j’ai bien cru que Dieu et le Diable s’était rencontrés ici. Et cette transe mystérieuse m’a capturé pour une éternité. Mon oncle Lucien s’est écroulé là, un 22 mars 1944, sous les balles des miliciens vichystes. Plus exactement, au pied de la colline de La Croix-Rousse, au confluent du Rhône et de la Saône, en face de l’Amphithéâtre romain des Trois Gaules. Là, dit-on, y furent suppliciés Sainte Blandine et Saint Pothin, le premier évêque chrétien de la cité, jadis nommée Lugdunum. Or, tout ici me ramène au sommet de l’antique Cirta, à ce vertige, à cette pente que l’on dévale ou que l’on gravit. Et la présence si puissante, là-bas, à Constantine, de l’Islam et du judaïsme et, ici, du christianisme. J’ai entendu là-bas comme ici une même foi chevillée à l’âme… Et j’ai éprouvé semblable émotion, un trouble qu’il me fut difficile de réprimer. C'est à Lyon, néanmoins, qu'on vit se manifester les premiers pamphlets antijudaïques du christianisme, ceux de Saint Agobard (769?-840), évêque sous Louis le Pieux : ses lettres « sur les superstitions et les erreurs du judaïsme » eurent alors peu d'écho au cours d'une Renaissance carolingienne dans laquelle juifs et chrétiens se croisaient indifféremment et dans la plus parfaite harmonie. 

 Quel devoir exhortait mon oncle à traverser ce lieu-ci et à cette heure-là ? En s’éteignant dans la douleur, irrémédiablement touché, comment a-t-il perçu les imprécations que les sicaires proféraient à son endroit ? A-t-il retrouvé, à l'instant du grand départ, les images du pont suspendu de Sidi M’Cid, de celui d’El Kantara, autrefois romain, toujours détruit et toujours rebâti, de l’Oued Rummel serpentant dans l'abîme, de la populeuse médina, du quartier juif au bord du ravin encombré de ruines, toute l’orgueilleuse beauté de ⵇⵙⵏⵟⵉⵏⴰ, en bref le décor de sa tendre enfance judéo-arabo-berbère ? J’en suis certain, Lyon, et surtout le quartier où il tomba, le fier berceau des Soyeux révoltés, les Canuts qu’on les appelle, l’y aida sûrement…

 Ses bourreaux se trompaient sur toute la ligne : Lucien frissonnait certes, mais il ne se sentait pas seul. Il savait qu’ici en France, et là-bas, sur l'autre rive, en Algérie, des hommes et des femmes de toutes origines épousaient son combat. « Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne […] Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à sa place », ainsi l’exprime le « Chant des partisans ». Et cela valait autant ici que de l'autre côté de la Méditerranée. Ceux qui l’avaient tué étaient désormais des morts-vivants ou des morts en sursis. Le peuple français et le peuple algérien les jugeraient bientôt.  

 Constantine m’est-elle restée à travers Lyon où j’ai voulu m’y établir ? Ou est-ce Lucien qui m’a transmis cet amour des deux villes ? Car, comment ne pas les chérir toutes deux ? Elles sont si pleines de cette énigme qu’est l’Histoire, qu’il nous faut, incessamment, et toujours sur la corde raide, tenter de comprendre… Elles sont si pleines de cette respiration de l’âme élevée au Divin, nafas (نفس), chez les Musulmans ou neshama (נשמה) chez les Juifs. Et, du reste, les deux cités partagent une conception commune de l’ouvrage, édifices religieux – églises et mosquées – et ponts, que ce soit à Lyon et là-bas, à Constantine, il y a toujours un plateau, une colline ou un rocher à rejoindre au-dessus d’un cours d’eau.  

 

 Forteresse naturelle, Constantine livra toujours de courageux combats contre ses agresseurs. « Comme Ronda, en Espagne, la cité est bâtie en aire d’aigle, au sommet d’un rocher énorme qu’un précipice, au fond duquel se tord le Rummel, isolé presque complètement, et qui ne se rattache à la terre que par un pont et une espèce d’isthme formant le seul point accessible », écrit le poète Théophile Gautier, accosté en ces lieux, à la fin août 1845 [Lire, Th. Gautier : Voyage en Algérie, La Boîte à Documents]. Il constate de visu l’incroyable résistance de Constantine à l’envahisseur français. Il ne se trompe guère, la nommant la « ville d’Ahmed Bey ». Hadj Ahmed fut le dernier gouverneur du beylicat de Constantine. D’un père turc et d’une mère algérienne - un kouloughli, nom donné aux enfants de soldats turcs de mère algérienne, il reçut une solide éducation à La Mecque puis en Égypte où il s’inspira des idées réformatrices d’un Méhémet Ali. Il devint fonctionnaire du makhzen (l'appareil administratif de la Régence d'Alger), gravit l'échelle hiérarchique sans heurts au point de devenir bey de Constantine en 1826. Homme autoritaire mais pourvu d’une rigueur morale et d’une honnêteté exemplaire, il s’imposa, à l’instar d’un Salah Bey (1771-1792), comme un administrateur d’une parfaite compétence. Après la prise d’Alger en juillet 1830, à la défense de laquelle il avait participé, il devint la tête de la résistance à l’occupant et fut investi par le dîwan (assemblée politico-religieuse) comme pacha. Tandis qu’il s’affirma dans la lutte contre la France colonialiste, il poursuivit, dans le même temps, son œuvre d’édification : il ambitionna de faire de la province de Constantine un État moderne et souverain. Bien que la France finisse par s’emparer de la cité en 1837, Hadj Ahmed continua la lutte dans les Aurès jusqu’en 1849. Le mufti de Medinet Zaoui, Mohammed Annabi comme son nom l’indique – c’est Abdeljelil Temimi qui le cite (lire son ouvrage, Le beylik de Constantine et Hadj Ahmed Bey, Presses de la Société tunisienne des Arts graphiques, Tunis, 1978) - honore Ahmed Bey de cette manière : « Lorsque la grâce de Dieu nous envoya cet Émir, il a tâché de pacifier le pays et les gens, n’a pris que le hokor (loyer perçu sur le blé vendu) de la terre, la zakat (aumône légale) et les coutumes des cheikhs et des wali : ainsi la population se calme… Hadj Ahmed s’est occupé du pays, s’est employé à bien diriger les marchés et les gens, a annulé la gharama (impôt personnel sur chaque tente), a empêché les injustices et la circulation de la fausse monnaie. Le prix des denrées a baissé et le gain a profité à tout un chacun. […] » Quant à l’un de ses prestigieux prédécesseurs, tout aussi estimé, Salah Bey, mon père me le fit connaître par ce classique de la chanson malouf de Constantine dû à M’hammed Benamara alias El Kourd (1985-1951), lui aussi natif de la cité des jujubiers (Bilâd el Unnâb), la descendante de l’Hippone chrétienne de l'éminent théologien Saint Augustin. Le Cheikh Benamara, mobilisé lors du premier conflit mondial sur le front oriental, avait fréquenté les maîtres de la musique classique du Moyen Orient, et notamment ceux du Kurdistan. Ainsi, hérita-t-il de ce surnom.  

 À Constantine, j’y retournerai au moins deux fois :

 Aux temps où mon père se morfondait dans les geôles du pouvoir naissant de Mohamed Boukherouba alias le raïs Boumediène, avec mon oncle Bernard et ma tante, une fille Zerbib – une synagogue constantinoise porta jusqu'à l'Indépendance ce nom, celui d'un rabbi, châtié au XVIIIe siècle pour avoir refusé de renier sa foi ; enfin, plus tard, avec ma femme, à la chute des années 1980 et à la veille d’une nouvelle « guerre », fratricide celle-là, qui nous ébranlerait grandement. La cité avait changé et cette transformation me remplissait d’espoir. Cependant, je pensais que cette urbanité nouvelle, cette modernité de bon aloi, ne suffirait pas à elle seule à modifier des mentalités et une société en profondeur. J’y pressentais, comme partout en Algérie, des ombres peu rassurantes.

 Un constat – peut-être trop rapidement fait – nourrissait une réflexion personnelle récurrente. À vouloir contrecarrer un modèle culturel imposé, une Algérie adolescente quêtait en Orient sa propre histoire, une identité qu’elle considérait comme celle de ses « pieux ancêtres » (السلف الصالح al-Salaf al-Salih). Que savait-elle de l’Algérie pré-coloniale ? Il y avait à découvrir, jauger et comprendre cette Algérie-là sans parti-pris et avec un œil critique et Al-Maghrib tout autant. Al-Jaza’ir n’en était pas moins musulmane et arabo-berbère, et sûrement ailleurs que dans la doctrine anémique des confréries maraboutiques. Il est vrai que celles-ci marquèrent le paysage longtemps durant, et surtout en milieu rural : il n'est nullement question d'en sous-estimer les miasmes. Le natif de Constantine, le réformateur musulman Abdelhamid Ben Badis, le pionnier d'une définition de l'identité algérienne, qui étudia à la djamâa Sidi El Kettani, auprès de Hamdan al-Wanisi (1856-1920) disciple du tlemcenien al-Madjawi, en fit le triste constat : « Avant l'apparition de l'islah (réforme), notait-il, personne ici ne pensait que l'Islam pût être autre chose que le maraboutisme » (Al Chihab, mars 1938). Au fil du temps, Constantine demeurerait, en tout état de cause, fermement musulmane. Ses élites religieuses - 1 700 notables dont Abdelkader Medjaoui et le cheikh Lounissi cités plus haut - refuseront, comme la majeure partie des députés hexagonaux et du colonat, d'approuver l'idée de projet de naturalisation émancipateur préparé par les députés de gauche radicale, Henri-Joseph Michelin et Alfred Gaulier, et présenté un 16 juin 1887. Il proposait la citoyenneté française pleine et entière aux Musulmans d'Algérie, indépendamment de leur statut personnel. L'octroi de la citoyenneté française n'était, en ce cas, plus incompatible avec le maintien de l'identité musulmane. C'était une première. Ici, la réaction des élites musulmanes pouvait s'expliquer. Elles craignaient trop la puissance d'attraction des droits républicains français au détriment des cadres traditionnels, fortement marqués par la notion de umma. D'un autre côté, que resterait-il alors de la personnalité algérienne ? La question de l'indépendance nationale ne pouvait être éludée. Celle-ci se fera jour clairement dans une controverse célèbre entre le cheikh Ben Badis et le leader indépendantiste du PPA, Messali Hadj. « Assimiler l'Algérie à une portion de territoire français revient à nier l'existence de la nation algérienne et à s'engager dans un processus de dissolution du caractère national de notre peuple dans l'ensemble culturel représenté par la société française », dira ce dernier. [cité par Belaïd Abdesslam, Le Hasard et l'Histoire, t. 1. ENAG, Alger, 1990]

 Musulmane, l'Algérie ne l’était certes pas uniquement. Comment envisager l’Islam hors de l’héritage humain universel, et dans un de ses reflets spécifiques, celui d’Al-Andalus et d’Al-Maghrib ? Toute vraie culture nationale est le résultat d’un pétrissage d’apports constitutifs d’expériences et de destins particuliers, lesquels sont le reflet d’une humanité complexe, mais qui n’en sont pas moins repérables en tant qu’éléments d’une aire géographique singulière. Constantine en est un exemple riche et vivant. Déambulant en celle-ci, je ne cessais de m’étonner de son cadre, de son histoire, de sa science, de ses métiers, de ses artistes et de son architecture. Constantine ne me décevait pas. Ce qui m’irritait, en revanche, c’était l'exiguïté de l'intelligence. Et, par contraste, la redondance de la phrase querelleuse, enragée et vengeresse. Plus la parole était enflammée et fervente, moins l’originalité et la créativité trouvaient à s’exprimer. Jadis, l’Autre n'obsédait pas plus que cela, des générations ont fait leur chemin en toute dévotion et sans tapage. Ce manque cruel d’imagination, cette ignorance surtout, on la voyait s'afficher publiquement en colères désordonnées et vindicatives. Or, il ne s’agit pas tant de renouer avec un supposé glorieux passé que de l’explorer plus subtilement afin de manifester l’exaltante prouesse de notre inventivité sui generis dans un monde désormais réceptif à la complexité des savoirs. Et, enfin, qu’avions-nous, à présent, à chasser ce dont nous étions indubitablement légataires ? Étions-nous soumis quand il nous fallait apprendre de nos maîtres ? Il fut normal que nous admirions leur savoir et leur ingéniosité. Nous haïssions quand même leur propension à nous méconnaître et leur prétention à nous dominer. Là, résidait leur principale faiblesse. Et, à toutes époques, et, sous n’importe quelle dépendance, nous avons survécu et vaincu. L’Algérie s’est dorénavant imposée. Mais, nous sommes comblés d’avoir assimilé tant d’aptitudes, de cultures et de génie : L'Algérie avait beau être arabo-berbère et musulmane, nous ne pouvions pas non plus en omettre un héritage chrétien et juif aussi, bien qu’à un degré moindre. Ont traversé nos contrées moult civilisations, souvent prestigieuses : Phéniciens, Grecs, Romains, Carthaginois, Byzantins, Vandales, Arabes, Turcs, Français… Avons-nous disparu ? Nous nous sommes, tout au contraire, revendiqués comme Algériens. Cette « algérianité chère à nos cœurs » qu'évoque le sociologue Mostefa Lacheraf, ancien ministre de l'Éducation nationale du dernier gouvernement Boumediène, est la seule qui soit authentique. Le regretté Lacheraf (1917-2007) rappelle par ailleurs ceci : « Ce n'est pas pour rien que Mohammed Boudiaf, dès son retour au pouvoir après trente ans d'absence se trouva soudain dans un pays lamentablement désalgérianisé, dénaturé, manipulé, pris entre deux doctrines totalitaires issues pourtant d'un Machreq fraternel, et qu'il jeta ce cri d'alarme : « L'Algérie avant tout ! » Lacheraf doutait alors que beaucoup en comprirent le sens caché. [In : M. Lacheraf, Des noms et des lieux, Mémoires d'une Algérie oubliée, Casbah Éditions, Alger, 1998]

 Le crochet à Constantine – car, il s’agissait d’un détour, à n’en pas douter – de la fin des années 1960, équivalait pour les miens, les Sportisse, à un retour aux sources, s’offrant en ceci comme une nécessité ponctuelle. Il fallait traduire qu’à Alger même, nous demeurions un peu, une once à peine, dans le souvenir… et mon oncle cherchait ici de quoi orner son appartement de façon suggestive. Le pèlerinage mémoriel s’effectua dans l'avidité de ce qui instruit la jeunesse : je riais et m’amusais de ce qui était proprement admirable en ce qu’il témoignait ici d’une organisation des métiers magistrale. Elle se déployait dans la partie sud de Constantine, de Bab el Oued à Rahbat as Souf, plus communément appelé place des Galettes à l’ère coloniale. Ici, se tenait également le grand marché (Souk al Kebir) et le marché de la laine. L’animation y était perpétuelle en toutes saisons. Il y avait, en outre, les cafés maures. C'était, naguère, l’endroit de prédilection des adeptes du fameux qahwa El djezoua, en référence à cet ustensile sous forme de petite cafetière individuelle à long manche, qui sert à la préparation du café.  « Il y avait aussi trois autres cafés maures à Rahbat as Souf sur l'autre côté de la halle : Qahwet Habbati, Qahwet El Djezoua et Qahwet Boucherit, située près du CEM Mohamed Ezzahi ; cette dernière est la seule qui est restée en service de nos jours ; les autres ont fermé ou changé d'activité », assure Larbi Merouani, un passionné de l’histoire de la cité. Le café reste en Algérie considéré comme un mets à part entière. Aussi, la tradition veut qu'on l'apprécie en milieu d'après-midi, accompagné de friandises. On l'appelle donc le qahwa El asr. La boisson n'était jamais sucrée mais parfumée à l'eau de fleur d'oranger amer ou plus exactement de bigaradier (زهر zahar). La préparation de celle-ci, ici nommée teqtar, constituait un vrai rituel qui exigeait du temps et de la patience, la distillation s'effectuant en petites quantités. La fameuse jawzia se retrouvait au café et régalait les familles constantinoises. Sans doute originaire d'Iraq et apporté par les Turcs, ce nougat, à base de noix et imprégné de miel et de vanille, ornait les tables de Salah Bey. En ce temps-là, on le nommait madinat al hawa. Au fil des ans, la recette variera, au point que cette jawzia deviendra une spécialité typiquement algérienne. Me faut-il maintenant vous entretenir de toutes ces corporations de métiers qui du temps de Salah Bey furent rigoureusement gérées ? L’historien Mahfoud Kaddache les a retrouvées dans un manuscrit publié par Revue Africaine en 1872. On en dénombre plus d’une trentaine : des Nedjarin, menuisiers confectionnant des portes, des coffres, des fenêtres et des travaux de boiserie jusqu’aux Kenaïfia, nettoyeurs d’égouts et de latrines, professions exercées essentiellement par des Juifs, en passant par les Haddadin, forgerons fabricant fers de charrue, faucilles et  haches, ou encore les Seffarin - ils me sont plus familiers – artisans du cuivre qui produisent plateaux, tasses, coupes et toutes sortes de récipients de cuisine.    

  Toute cette réalité n’avait pas disparu sous la France coloniale. Celle-ci la regardait avec l’épisodique curiosité de ceux qui pensent observer le monde d’hier. Et, moi je voulais qu’un peu d’hier soit conservé pour demain… parce que, sans tout cela, Constantine aurait perdu son âme.

(À suivre)

MiSha (1/04/2022) 


 

 

  

 

 

 

 

 

 

Constantine. Le Quartier juif

Constantine. Intérieur de la mosquée Sidi El Kettani. Située à proximité de la Casbah, elle fut construite sous Salah Bey en 1775. Là, y étudia le célèbre ʿālim, le Cheikh Abdelhamid Ben Badis.

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Ponts à Constantine (Algérie)